jueves, 31 de julio de 2014

Première nuit en refuge de montagne pour Ametsa et Martina




REFUGE D'ILHÉOU
Les 25 et 26 juillet 2014
PREMIÈRE NUIT EN REFUGE DE MONTAGNE POUR AMETSA ET SA GRANDE COPINE MARTINA

Quand on est passionné par quelque chose, on aimerait communiquer cette passion à ses enfants et petits-enfants.
C'est pour moi le cas avec toutes mes passions et parmi elles, la montagne.

Ma petite-fille Ametsa allant vers ses six ans, je réfléchissais depuis longtemps à aller passer une nuit en montagne avec elle. Cela demandait une bonne préparation pour ne pas la dégoûter depuis la première fois et supposait donc  au moins deux conditions:
- qu'il n'y ait pas trop de marche, surtout en montée.
- que nous partions avec une amie de son âge.

Bien longtemps à l'avance, je téléphonais à mon amie Paula dont la fille Martina est une grande amie d'Ametsa. Elle adhéra immédiatement à mon projet me faisant entièrement confiance pour préparer la rando.

Je commençais mes recherches: Pombie depuis Anéou? Ayous depuis le Pont d'Espagne? Arrémoulit par le petit train d'Artouste? Mais finalement sur les conseils de mon fils, je me décidais pour le refuge d'ILHÉOU au pied du Grand Barbas. Nous monterions depuis Cauterets en télécabine, puis en télésiège jusqu'aux Crêtes du Lys à 2303m d'altitude, pour redescendre jusqu'au refuge qui se trouve au pied du Lac Bleu à 1988m. Et le lendemain, nous ferions le chemin en sens inverse.

Notre refuge était réservé pour la nuit du vendredi 25 au samedi 26 juillet. Jeudi soir, les sacs à dos étaient prêts. Vendredi matin, il ne me restait plus qu'à faire la "tortilla de patatas". Paula et Martina seraient à 8h30 en bas de chez nous.

Or ce vendredi 25, à 8h du matin, cellule de crise.
Paula m'appelle, elle vient de lire sur Internet: “Alerte orange dans le département 65."
Je commence à téléphoner partout: Office de Tourisme de Cauterets, refuge ILHÉOU... mais je ne trouve que des répondeurs automatiques m'annonçant que les bureaux ouvrent à 9h.

À 9h, je recommence mes appels...
À l'office de tourisme: "La télécabine et le télésiège fonctionnent... prévision d’orage pour la soirée...”
Gilles du refuge: “Ici, tout va bien… ceux qui regardent la météo, restent aux tisons...”

La décision est difficile à prendre car nous partons avec deux enfants de six ans. De plus si je connais plusieurs refuges de montagne, celui-ci, je n'y suis jamais allée. Et en plus, il faut prendre la décision vite car si nous partons, c'est maintenant, après ce sera trop tard!

À 9h15, nous décidons de partir. Depuis Zarautz, Paula peut arriver avec Martina, à 9h45 en bas de chez moi. Vite, la tortilla de patatas... et fermer les sacs à dos...
C'EST PARTI !!!

Ce sont deux heures et demi de route de Donostia à Cauterets: chants, musique, jeux... Les gamines n'ont rien su de nos angoisses.
Paula et moi scrutons le ciel, tout au long de la route... tout se présente assez gris pour ne pas dire noir!


Nous arrivons à la télécabine à 13h15… elle est fermée, mais pas à cause du mauvais temps mais parce que c'est la pose de midi jusqu'à 13h45. 
OUF... nous respirons!
Nous mangeons notre omelette sur le parking et à 13h45 pile, nous sommes les quatre devant le guichet.
"SVP... Quatre montées pour la Crête dy Lys.
La dame me répond: “Madame, vous voyez l’écran?
- quel écran?
- l’écran à votre droite.
- oui et alors?
- là-haut, c’est comme ça!
- tout blanc?
- oui, tout blanc!!!"
Nous nous regardons Paula et moi, et nous décidons de monter.
Nous verrons là-haut. J'appelle quand même le gardien du refuge qui me dit que là-haut, tout va bien. Et comme il faut bien rigoler un peu, je lui dis: "Bon, si dans quatre heures, nous ne sommes pas arrivées au refuge, vous appelez les gendarmes!!!"







À la station intermédiaire, c’est BLANC!!!! On a même du mal à trouver le départ du télésiège, qui se trouve à, à peine cent mètres de l'arrivée de la télécabine. Et bien sûr, nous sommes absolument seules. Mais le gars des remontées mécaniques nous encourage à continuer. Et nos deux petites sorcières sont aux anges...
Nous essayons surtout de ne pas leur communiquer notre inquiètude. Par contre celle qui crise, c’est Paula… elle m'annonce qu'elle a un terrible vertige! Donc pour elle, ce complet brouillard qui nous enveloppe complètement, c'est presque mieux!


Cette photo vaut de l'OR!!!

Et puis, un miracle survient. Je retiens mon souffle car c'est difficile à croire, mais à cinq minutes de l'arrivée du télésiège du Grand Barbat, le brouillard se déchire et nous voyons la cabine d'arrivée, un peu de ciel bleu et nos chères montagnes. Quand nous mettons les pieds par terre, le gars au sommet a du mal à en croire ses yeux, et comme personne ne semble monter derrière nous, il prend son temps pour nous montrer où se trouve le refuge depuis la crête et bien nous expliquer la route... car bien sûr, le brouillard peut nous recouvrir à nouveau en quelques minutes.


 Table d'orientation sur la Crête du Lys

 Depuis la table d'orientation, nous devinons le refuge qui doit se trouver dans les nuages

Pour arriver au refuge, nous avons un dénivelé de 350m en descente et 50m en montée que nous ferons en 1h40. Ce n'est pas mal du tout puisque le temps indiqué est de 1h15.

 Nous commençons à descendre sur l'autre versant de la crête

 Descente vers la cabane d'Arras d'où nous descendrons sur notre gauche vers le refuge, en laissant la montée au Col d'Ilhéou sur notre droite 

 Je continue à bien mémoriser la route de descente si jamais le brouillard remonte depuis la vallée

 Ametsa, Paula et Martina





 Malgré le brouillard qui remonte, il n'y a plus d'inquiètude car il suffit de bien suivre le chemin

 Il faudra bientôt se rhabiller chaudement!!!

 Enfin, notre refuge apparaît au détour d'un chemin, au bord du Lac Bleu ou Lac d'Ilhéou


 AUPA MENDIZALEAK!!!




C'est le 25 juillet, il n'est que 5h de l'après-midi mais il fait bien froid. Donc il ne nous reste plus qu'à nous mettre au chaud près du feu...

 ...et à jouer au Memory...

 ... à chanter...

 ...à dessiner...



...à se raconter des histoires avant de dormir...

Pour ce soir-là, je n'avais emporté dans mon sac à dos, qu'un Barbe à Papa, donc Ametsa qui le connaît par coeur en français, le raconte en euskara à Martina.
Leur première nuit en refuge n'a posé aucun problème à nos deux filles puisqu'elles ont dormi "SECO" de 9h du soir à 8h du matin.

Et le 26 au matin, au réveil, un nouveau grand cadeau de la nature: un ciel totalement dégagé, une montagne resplendissante.

Au pied du refuge, le lac d'Ilhéou et le GRAND BARBAT (2813m)

Avec notre nouvel ami, Thomas

un moment d'émerveillement...



Avant de quitter le refuge, Martina et Ametsa ont encore besoin de jouer, de dessiner, de crapahuter...








Et puis vers 10h, il est temps de remonter jusqu'à la Crête du Lys afin de reprendre le télésiège, puis le télécabine qui nous ramèneront à Cauterets. Il fait beau, nous avons du temps devant nous, donc nous laissons les filles profiter au maximum de tout ce qui peut les interpeller en chemin.



Nous laissons le refuge derrière nous.

Joubarbe à toile d'araignée

CHUT... un lézard!


Ça grimpe!



Génial, un névé!



Avant de continuer, un petit "hamaiketakoa" nous fera du bien


Attention, les vaches nous surveillent... elles protègent leurs petits.


Et nous voici presque arrivées sur la crête. Nous avons mis 3h depuis le refuge.

Télésiège et télécabine... un bonheur pour certaines, l'angoisse pour une autre!


Dernier pique-nique entre télésiège et télécabine.


C'est fini pour cette fois-ci. Mais nous nous sommes promis que l'an prochain, ce sera pour au moins deux nuits. Nous essaierons même d'emmener avec nous "l'aita asfaltero"!!!

AMETSA, MARTINA, PAULA et MIREN



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